JMW TURNER

Les carnets secrets


 

Alain Jaubert

 

 

 

Malgré sa gloire immense, plus d’un siècle et demi après sa mort la figure du peintre britannique J.M.W. Turner demeure encore assez énigmatique. Son œuvre pléthorique

l’a consacré comme l’un des plus grands paysagistes de l’histoire.

Une œuvre sans cesse à la recherche du sublime et où les êtres humains sont singulièrement peu présents.

 

Déjà légendaire de son vivant tant par ses humeurs et ses bizarreries que par ses techniques picturales plus ou moins secrètes, Turner a connu après sa mort quelques « aventures » posthumes. Aux anecdotes sur sa vie discrète se sont ajoutées ces découvertes faites par

John Ruskin lorsqu’il dut faire l’inventaire de l’incroyable masse d’œuvres que le peintre

avait léguée à son pays. Au moment de ce recensement, entre 1855 et 1858, le bruit

avait couru que Ruskin, avec l’accord du directeur de la National Gallery, aurait détruit

des œuvres du peintre jugées trop obscènes. On ne sait pas si l’histoire est véridique

ou s’il s’agit seulement d’une vantardise de Ruskin. L’inventaire complet des carnets

de dessins et des feuilles volantes du legs Turner prouve cependant qu’il subsiste 108 dessins à caractère érotique.

Sur l’un des carnets épargnés, Ruskin a même écrit au crayon :

« Conservé seulement comme preuve de dérèglement mental ».

 

Cet ouvrage présente ainsi de simples graffitis obscènes, des académies (selon un point de vue inhabituel),

des « reportages » sexuels lors de voyages, des scènes nocturnes étranges

qui annoncent Degas, les sous-entendus fort troublants de certaines aquarelles de Petworth ou de Venise,

enfin les extraordinaires Colour Studies qui font penser à Fragonard

mais qui semblent aussi une application insolite des principes d’Alexander Cozens

(ces rideaux entrouverts évoquent aussi Les Curieuses de Fragonard). Reproduites également

des œuvres de Rembrandt, de Boucher, de Courbet ou de Picasso qui rappellent

que tous les grands peintres ont été tentés par l’obscène, et par les délices

du voyeurisme

et de la pornographie.


 

Réalisateur de nombreux films sur l’art, Alain Jaubert est l’auteur de la série « Palettes », diffusée dans le monde entier. Depuis Val Paradis, Goncourt du premier roman,

il a publié plusieurs romans et essais.

 

 

Paru le 27 octobre 2016

Format de 22 x 27 cm

Couverture cartonnée

 Plus de 230 reproductions

Environ 288 pages intérieures 

Prix public : 65 €